Actualité
ChatGPT Ads arrive en Suisse !
Depuis le 24 août 2026, des annonces sponsorisées s’affichent dans ChatGPT en Suisse. Fonctionnement, règles européennes, coûts observés et ce que les entreprises suisses ont intérêt à faire dans les douze prochains mois.
C’est fait. Depuis ce lundi 24 août 2026, les utilisateurs suisses des offres gratuite et Go de ChatGPT peuvent voir des annonces sponsorisées sous certaines réponses. OpenAI avait annoncé le déploiement européen le 18 août, pour 31 marchés en même temps : la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, le Benelux et les pays nordiques. Six mois et demi après le premier test américain, le canal que nous suivons depuis février ouvre chez nous. Voici ce qu’il faut en retenir, chiffres à l’appui.
Une audience déjà considérable en Suisse
Le canal n’arrive pas dans un désert. Selon l’enquête Comparis publiée en avril 2026, 76 % des adultes en Suisse utilisent déjà des assistants comme ChatGPT, contre 50 % en 2024. L’étude Digimonitor va plus loin et parle de 80 % des internautes de 15 à 75 ans, avec ChatGPT largement en tête, autour de deux tiers des utilisateurs, devant Gemini et Copilot. La Suisse romande est même en avance sur la Suisse alémanique, avec près de 82 % d’utilisateurs contre 74 %. Les annonces ne touchent que les comptes gratuits et Go, mais ceux-ci représentent l’immense majorité de cette audience.
Comment fonctionnent les annonces, version européenne
Le format est un encart texte, clairement séparé de la réponse et étiqueté comme sponsorisé. Il n’en existe pas d’autre pour l’instant : l’image et la vidéo sont annoncées, pas disponibles. Surtout, la version européenne n’est pas personnalisée. Le système ne s’appuie que sur trois signaux pour choisir une annonce : le sujet de la conversation en cours, la localisation générale et le type d’appareil. Pas d’historique, pas de profil, pas de mémoire des conversations passées, contrairement au test américain. C’est une conséquence directe du cadre européen de protection des données, et pour l’annonceur cela signifie une chose simple : la seule manière d’être pertinent est de répondre à la question posée.
- Les annonces ne modifient pas la réponse de ChatGPT et n’y sont jamais intégrées.
- L’annonceur ne voit pas la conversation. Il reçoit des chiffres agrégés : impressions, clics, dépense, taux de clic, conversions.
- L’utilisateur peut masquer une annonce, savoir pourquoi elle s’affiche et désactiver la personnalisation dans ses réglages.
- Aucune annonce n’est diffusée aux mineurs ni autour de sujets sensibles.
Ce que ça coûte, d’après les premiers mois américains
Les achats se font au coût pour mille impressions ou au coût par clic, et depuis juin au coût par action pour les comptes qui ont configuré leur mesure. Les recommandations d’OpenAI aux annonceurs américains donnent l’ordre de grandeur : une enchère maximale de 3 à 5 dollars par clic pour démarrer, et une enchère plafond par défaut de 60 dollars pour mille impressions. Les analyses indépendantes de mai 2026 situent le taux de clic moyen autour de 0,7 %, avec les meilleurs annonceurs au-dessus de 1,5 %. C’est bien moins qu’un lien sponsorisé sur Google, mais dix fois plus qu’une bannière classique. Et le clic vaut plus cher : Criteo mesure des visiteurs venus d’assistants IA qui convertissent environ 1,5 fois mieux que les autres sources.
En Suisse, l’accès se fait pour l’instant via l’équipe commerciale d’OpenAI ou des agences partenaires ; le libre-service Ads Manager, ouvert aux Américains depuis mai, suivra pour l’Europe. Les prix locaux ne sont pas encore connus. Notre hypothèse est qu’ils seront bas les premiers mois, le temps que les annonceurs suisses se manifestent, puis qu’ils rejoindront rapidement les niveaux américains sur les catégories à forte valeur.
Notre lecture pour une entreprise suisse
Un canal publicitaire connaît deux phases. Dans la première, l’inventaire dépasse la demande : les coûts sont bas, les résultats variables, et ceux qui expérimentent prennent une avance de méthode. Dans la seconde, la demande rattrape l’offre et l’avantage revient à ceux qui savent déjà ce qui fonctionne. Google Ads a suivi cette courbe au début des années 2000, les réseaux sociaux dix ans plus tard. Pour ChatGPT en Suisse, la première phase commence aujourd’hui ; nous lui donnons douze à dix-huit mois. Trois particularités locales jouent pour les premiers entrants : les questions se posent en trois langues, les catégories se saturent vite sur un marché de neuf millions d’habitants, et une question posée depuis Genève ou Zurich sur un produit ou un service a une valeur commerciale élevée.
Par où commencer
- Vérifier l’éligibilité de votre catégorie : certaines sont exclues du programme, d’autres apparaissent déjà spontanément dans les réponses.
- Mettre vos informations au propre. Un placement renvoie vers un site : s’il est lent, incomplet ou sans avis, la visite ne se transforme pas.
- Installer la mesure avant la première annonce, avec le pixel et l’API de conversions.
- Démarrer sur une catégorie et une langue, mesurer un mois, puis élargir.
C’est le périmètre exact de notre formule Pilote. Si vous voulez savoir ce que votre catégorie donne aujourd’hui dans ChatGPT, planifiez votre campagne avec nous : l’audit d’éligibilité est la première chose que nous faisons.
Sources
- ICTjournal, « OpenAI introduit la publicité dans ChatGPT en Europe », 20 août 2026
- Bluewin, « ChatGPT will start showing ads starting Monday, even for Swiss users »
- Relevant Audience, « ChatGPT ads reach EEA and Swiss free and Go users »
- Comparis, « Déjà trois quarts de la population utilisent des assistants IA », avril 2026
- RTS, « Intelligence artificielle : 80 % des Suisses l’utilisent » (étude Digimonitor)
- Top Growth Marketing, « ChatGPT Ads Cost 2026: CPM, CPC & Budget Guide »
- OpenAI, Ad policies